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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /Jan /2010 10:17
Marie-Paule DEVILLE-CHABROLLE

Un prénom et un nom de famille bien long
Si peu connus
Et pourtant qui gagneraient à l'être.

Je désire aujourd'hui vous raconter une histoire...

"Il était une fois une petite fille blonde, qui se balladait avec ses parents dans le port de Honfleur, une jolie ville du bord de mer, dans le Calvados, en Basse Normandie.
Ce port est très beau. On y trouve des vendeurs de souvenirs, des restaurants de fruits de mer, des glaciers et crêpiers, des boutiques de bijoux en coquillages, un musée des marins-pompiers et... une quantité impressionnante de galeries d'art.
Dans l'une d'elles, la galerie Bartoux, la petite fille voit une immense sculpture d'une femme, redressée sur ses genoux, à demi-nue et à demi-drapée dans un tissu. Un tissu plissé avec tant de finesse qu'il en a l'air vrai. Pourtant, il est bien fait de bronze... Et puis cette femme regarde vers le ciel, son expression est si réaliste. Elle renferme une émotion, un sentiment, que la petite fille ne comprend pas complètement.
Elle veux comprendre, elle cherche à deviner le sens de la posture de cette femme. Celà lui échappe. Et c'est bien normal, la petite fille n'a que 8-10 ans. Pourtant, jamais plus elle n'oubliera cette femme, cette sculpture, ni cette autre femme d'ailleurs, celle qui a créé cette sculpture... Marie Paule DEVILLE-CHABROLLE."

Cette petite fille, comme vous l'avez sûrement deviné, c'était moi. Et jamais plus je n'ai oublié cette artiste et son travail. D'ailleurs, à cette époque, je faisais de la poterie, des pots au tour de potier. Et bien suite à cette rencontre avec cette femme de bronze, j'ai commencé à me poser des questions sur ce que doit être une femme, physiquement et intellectuellement.
Devait-elle être comme les poupées Barbie
® qui tronaient dans ma chambre, parfaite et toujours souriante, toujours heureuse... ou bien la réalité était-elle plus emplie de sentiments divers, heureux et malheureux. Des doutes, des passions, des surprises, des pleurs.
J'ai alors exploré ma question par le modelage, et comme Marie-Paule DEVILLE-CHABROLLE, j'ai exprimé ce qui se cacher, se taiser au plus profond de moi. J'ai mis en forme, en volume, ce que je ne pouvais exprimer avec des mots.

Aujourd'hui, je sais que j'ai beaucoup appris grâce à cette artiste, cette femme, et grâce à son travail et au mien. Je l'en remercierai toujours je pense.
Je continue à suivre son travail et dès que j'ai l'occasion de passer à Honfleur, lieu proche de là où je suis née, je repasse toujours à la galerie Bartoux dans l'espoir d'y retrouver une sculpture de l'artiste.

Mais tout ces mots ne peuvent vous faire comprendre ce qu'est l'oeuvre de cette femme. Alors voici ma contribution à sa renommée: quelques oeuvres piochées sur son site internet http://deville-chabrolle.com/ et un de ses textes, tiré du
CD-Rom associé à son livre Marie-Paule DEVILLE-CHABROLLE, Sculptures, Editions Galeries Bartoux, 2005.

J'espère que tout celà vous aura plut, et à la prochaine.

lailedudesir2004L'aile du désir, 2004


la_nuit_supposee2009.jpgLa nuit supposée, 2009


lanuitdesabsentesIII2005.JPGLa nuit des absentes III, 2005


lesdiagonalesdelasolitudes2005.JPGLes diagonales de la solitude, 2005


Et ma préférée parmi les oeuvres récentes:


lelotusblanc2009.JPGLe lotus blanc, 2009


"A force de vivre j’ai découvert

L’immortalité

La rareté des mots

Le silence enfin

Le périmètre clos de l’atelier

Là j’ai côtoyé des mystères, celui des heures qui redeviennent du temps

Du temps et du silence pour restituer tout, tout ce que j’avais pris

jusqu'à l’ultime trace de couleur, la terre et surtout la certitude de la lumière…

 

Depuis je continue à peindre et à sculpter des femmes

Dans le secret de leur nudité

Dans le secret de leur absence

Dans le secret de leur âme

A les regarder des heures durant

J’ai appris qu’il fallait être capable de demeurer dans l’incertitude.

Le mystère et le doute

Sans se lancer dans la quête exaspérée des causes, des faits et des raisons.

 

Inutile de savoir si elles sont l’image de ma propre absence au monde…

Veilleuses d’âmes

Elles sont là et préservent dans leur être.

Elles sont là à protéger l’espace dérisoire de leur âme."

 

Marie-Paule DEVILLE-CHABROLLE



Par Laëti. - Publié dans : Artiste?
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